PLUS DE MUSE

PLUS DE MUSE MAIS UN TROUPEAU DE MUETS





VIDEO





CRÉATION 2016

conception, danse, texte : Anna Gaïotti
musique live : Nina Garcia
regards extérieurs : Léa Drouet, Mark Tompkins
lumières et régie : Baptiste Joxe
production : LOVALOT
co-productions : Ménagerie de Verre - Paris ; Honolulu - Nantes et Au bout du plongeoir - domaine de Tizé, dans le cadre d'une coopération entre Nantes et Rennes-Metropole ; accueil studio du Centre National de la Danse - Pantin.

Création à la Ménagerie de Verre, festival Les Inaccoutmés 2016.




PRESSE
art press février 2017
les carnets de la création - france culture
ma culture
toute la culure
iogazette





(scroll down for english)


«Deux mondes (miroirs) face à face, dressés l’un contre l’autre, une surface de désir,
entre, un axe, un point fixe, comme une croix tournant à partir de son cœur -- de désir et de haine ---
Voir ce qui est hors de nous nous offre-t-il toujours de l’éloigner plus encore ?
Pourquoi notre désir nous mène-t-il ainsi, sans cesse, vers un excès de transcendance ?»
Bruno EBLE, Miroir sans reflet.


Des caractères multiples se posent et tissent la danse d’un clown sur un terrain vague. Un coup de foudre appelle l’étranger qui assume la métamorphose au pluriel et devient le théâtre des chimères.
Dans la mue, un corps pèle tandis qu’un paysage se charge patiemment. Ce qui miroite chute dans un même mouvement. Le passage est bâti d’archives et de présents abandonnés au même instant.

Je pense à l’androgyne comme étant une figure double, ou une figure entre, ou une figure seuil ; qui refuse une empreinte binaire au monde. Elle répond à l’utopie du doute, et pourtant s’engorge d’ambiguïté. Sa partialité la met en abîme, c’est un geste d’excroissance et de transcendance de la sexualité et du genre, qui la délivre tout en la canonisant. Elle est au seuil de la transformation qu’elle refuse tout en l’admettant. C’est un conflit des chairs entre le dedans, le dessous et le dehors.


Quel est ce mouvement patient qui fait transe entre ?

Comment écrire et dessiner le geste qui fait le seuil - ce liant trouble fête de l’identité, qui s’ajuste entre le reflet et la réflexion d’un événement ?


Je suis un fou inattendu, miroir et écran de ce qui me regarde, je suis l’illusion réelle qui aime expirer les plaies vulnérables. J’ingère les corps mythologiques, les architectures imaginaires, les déserts décharnés, les hordes impromptues, les solitudes, les censures. La danse se fait aux contours d’une présence et d’une hypothèse, articule une crise quand elle se frotte aux parois. Là, un entrepreneur d’utopies, qui rêve de coloniser des déserts inédits rencontre les paysages dévastés par la guerre. J’empreinte la posture d’être seuil et double, pour décrire de gestes cette rencontre.
Dans cet espace présent, y a t-il une danse à dissoudre mon humanité ?
Je suis au bord de moi. De l’équilibre contorsionniste ténu éclate la braise funambule du queer comique érotique, entre joie et tristesse. Je suis un mur entre deux rires.


peau brûlée
brouillée chimère
sans sexe
et le crawl du clown sur les 4 fers.
j’écoute les silences qui n’existent pas
j’écoute l’ennui des bruits qui braillent mon nerf
les archives se pausent entre les feuilles fuyantes.
Célébrer, c’est soutenir, les pouvoirs aimants, les armes du ridicule, l’archéologie du corps, invoquant le théâtre des invisibles.


totale éclipse

les terres sont esclaves de nos mouvements intolérables

les cannibales achèvent leur descente lente dans
le creux de la main
capital sans risque
colonne froide
flirt mouillé d’une crampe acide
plâtre infecte injecté dans les reins
les orteils rués roués

blouse fraiche sur tes épaules pelées
mouche-toi dans les draps du roi
lèche le bruit du massacre
enterrons la ruse vivante
enterrons la muse vivante
elle pue elle pue l’inhonnêteté
plus de muse mais un troupeau de muets

cette
partie
que
j’aime être
attrapée
dans ce pli de chair
sur les talons du succès
dans la décroissance



*


“Two worlds (mirrors) face to face, erected to each other, a surface of desire,
in between, an axe, a fix point, like a cross rotating from it hearth – of desire and hate –
To see what is outside of ourselves does it give us always to push it away more and more?
Why does our desire lead us like this, ceaselessly, to an excess of transcendence?”
Bruno EBBLE, Mirror without reflect.


Multiples characters arise and weave the dance of a clown, on a waste ground. A love impact invites the unknown that assumes the plural metamorphosis and becomes a wild theater.
In the sloughing process, a body peels while a landscape is gently loading. What is shimmering fails in as same movement. The way is built with archives and abandoned presents at the same time.


I think to the androgynous as a double figure, an in-between figure, or a threshold figure ; that refuses to be binary print in the world. She responds to the doubt of utopia, but yet gorges herself of ambiguity. By her subjectivity, she creates a mise en abyme: a gesture of growth and transcendence of the sexuality and gender, that free herself while she canonizing herself. She is on the threshold of the transformation she rejects while she accepts it. It is a carnal conflict between inside, underneath and outside.

What is the patient movement that does trance among?

How to write and draw the gesture that acts the threshold - a killjoy medium of the identity – that fits between the reflect and the reflection of an event ?


I’m an unexpected insane, mirror or screen of what looks at me; I’m the real illusion that loves to exhale the vulnerable wounds. I ingest mythological bodies, imaginary architectures, emaciated desert, impromptu herds, loneliness, censorships. The dance realizes the contours of a presence, of an hypothesis as well, it articulates a crisis when it rubs the walls. There, an entrepreneur of utopias who dreams to colonize new deserts meets war’s devastated landscapes. I track the posture of being in-be-twin, to describe the gesture of the collision.

In the present space, is there a dance to dissolve my humanity ?

I’m on the side of myself. The erotico comico queer ember smashes from the fragile contortionist balance, between joy and sadness. I’m a wall beatween two laughs.

burneds skins
chimera quarrel
without sex
and the crawl of the clown on 4 irons.
I listen silences that doesn’t exist
I listen the noises boredom that yell at my verge
archives rest between elusive leaves.
To celebrate, is sustaining, attractive powers, the weapon of the ridicule, the body archeology, invoking the theater the invisibles.


total eclipse

lands are slaves of ours unbearable
movements

cannibals slow down in
the palm of the hand
riskless capital
cold column
wet flirt ‘nd acid freeze
white powder injected in kidneys
cunning toes are running

cover your naked shoulders
wipe your nose in the king sheets
lick the noise of the murder
burry the alive trick
burry the alive muse
she stinks she stinks without honesty
no more muse but a dumb herd

part
that
I love to be
caught
in the fold of the flesh
on the hill of success
in the decrease

spit your bone on my
face
that dances around
your sex and figers
the snake is crawling
the snake is crawling
as a crown
around
the vertebra bead

double
wild
devastated


Anna Gaïotti, 2014




© Sarah Blum, François Possémé