HEAVYMETAL

PERFORMANCE 2017
conception, performance, textes : Anna Gaïotti
remerciements au PETITFESTIVAL
(scroll down for english)
L’écriture est le dernier témoin. Il s’est épuisé dans les corridors de l’insomnie, dans les espaces vides des studios de danse pour archiver ce qui s’est passé dans la chair : celle-là qui danse, celle-là érotique, celle-là violente, celle-là amoureuse, celle-là qui explore le jeu tissé des fantasmes. L’écriture est une aire d’images et de matières où s’achemine la traduction des présents d’un corps vivant. Mais c’est un air aussi, une langue qui lit et enlace les sons, et qui fabrique la pensée dans le délie (ou le délit) des lettres.
Je suis un clown, et je joue.
Le recueil PARFOIS JE SUIS LE CHEVALIER PARFOIS JE SUIS LE CHEVAL, est lu, érotique, sur un corps écaillé, où le théâtre de la danse transgresse le pouvoir des fantasmes.
Sur le totem du living room
délas ou fuites
habiter les bites mentales
dans les câlins de râles fâchés d’une écriture pornographique
habiter les espaces domestiques stratégiques pour la baise du corps
la chair rebondit contre les remparts du quotidien, et contre les colonnes douces
les gaufres de fétiches
le sommeil s’étanchéifie au désir retardé
tout boue
tout boue
tout boue sur le totem du living room, sur le divan plateforme de travail, de las, de noir, d’art
ce lieu de vie de l’écriture est hanté par des bouts de chair abstraits
des fentes des fesses des bites des boules dissimulés dans les traits noirs
l’amour est un magma de pain que j’éventre par les mots
le présent étreint dans la danse, et dans le corps magnétique et dilaté
les flancs attendent la furie
l’odeur des os mollets
muraille d’écaille muraille d’écaille dans l’œuvre masculine
il faut faire ce travail de vrac en vrac : rôtir les béances qui attendent comme des putes des champignons d’insomnie
la trahison du sommeil qui abandonne le corps à la balade sauvage
sur le totem du living room.
un divan champêtre où volètent les plumes et les sequins de clown
bavardage dilué dans les lignes agars
une chaleur de fesses entraine les dernière épaves de rêves,
tous bandent en aléatoire
les lèvres pendent dans l’amer
et le fantasme festin rentre :
des culs en mikado
pour une partie de trèfles sur l’îlot
les corps sont grimpés en levrette à différents étages
des culs en pyramide
les peaux se collent se décollent se décalent cuisinent la cavalcade
c’est le rêve et le quadruple rêve de la construction squelette sensuelle
l’humeur crève les sexes, crève les meules de membrées
il y a l’envie d’une gaité qui traine sur le totem du living room
le collectif qui serait étreint entre les murs, chausserait l’intime
les traits noirs sont les remparts du jeu
la danse danse dans la sieste noire
*
Writing is the last witness. It has exhausted in the corridors of insomnia, in the empty spaces of dance studios, to archive what happened in the flesh: that which dances, that erotic one, that violent one, that lover one, that one who explores the woven play of fantasies. Writing is an area of images and materials in which the translation of the presents of a living body proceeds. But it is an air also, a language which reads and embraces the sounds, and which produces thought in the undo (or crime) of letters. I'm a clown, and I play.
The book SOMETIMES I'M THE HORSERIDER SOMETIMES I'M THE HORSE, is read in erotic reading, on a broken mirror scaled body, where the theater of dance transgresses the power of fantasies.
On the living room totem
lazy elusive
living the mental dicks
hugging the screams of the pornographic writing
living the strategic domestic spaces for the carnal fucking
the flesh bounces against the daily walls, against the soft spine
printing fetishes
the sleep loses his delayed sweat desire
everything is boiling
everything is boiling
everything is boiling on the living room totem, on the sofa platform of work, of laziness, of black, of art
this living space for writing is haunted by small abstract pieces of flesh
holes asses dicks bulls are hidden in black lines
love is a bread magma past that I gut with words
the present is squeezed in the dance, in a magnetic and dilate body
hips wait for the rage
smell of scrambled bones
high long wall of fish scales for a masculine masterpiece
work must be done in the chaos of chaos : roast voids that are standing as horses
insomniac mushrooms
the treat sleep abandons the body into a wild promenade
on the living room totem
where clown leathers and glitters fly a bit
confused talk into confused directions
an ass heating brings the last dreams ruins
everyone high erection in a spread time
lips hang in sourness
and the meal fantasy comes :
sandwich of asses
wishes bones party on the island
different grounds of climbing bodies
pyramid of asses
fleshes stick de-stick slide cook the running
it’s the dream and the quadruple dream of a sensual skeleton built
the mood bursts sex, bursts masses
there is the desire of a joy that draws on the totem
the collective is squeezed between the walls, fitting well intimacy
black lines are the long high wall of the game
the dance dances in a black nap

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© Tristan Pradel






