BAL DES LAZE

ANNA GAÏOTTI & VIERGE NOIR E

PERFORMANCE 2019
choéraphie, danse, texte : Anna Gaïotti
musique : Léo Dupleix (MaxMsp, orgue), Sigolène Valax (Perséphone, Quadrantid Swarm)
production : La Pop
Création à La Pop dans le cadre du cycle (re)lectures - amours contrariés
un geste qu’elle n’avait pas pensé. elle est des gens lents qui tâtonnent méticuleusement les couleurs du couloir aspirées dans les couleurs. le jus d’un orgue biaisé dans un autre orgue.
un pas ouvre une main
une branche laissée dans le tapis dilué, un bal s’ouvre dans ce couloir, puis un corps meurt phosphorescent.
ses pieds se démunissent du sol, elle glisse. elle chute – elle avait déjà oublié ce qu’était chuter au sol. elle ne comprend pas le sol.
Léo Dupleix, Sigolène Valax et Anna Gaïotti miment et messent les paroles de Michel Polnareff, se prennent le jeu d'une relecture pour cracher ce qui entrave l'amour jusqu'à en être mort. le corps phosphorescent dicte une autre chanson : celle des femmes mortes pour rien, celle pour celles et ceux que le sexe à tuer, celles et ceux titubant dans le jardin.

elle se tient debout le miroir dessaoulé
la lumière sourde l’œil amère et la phrase hébétée
dansera t-elle cette bourde ?
quand cette nuit les étoiles hument
son corps détaché de cette lune
elle veut que les aveugles
se tiennent sur son chemin
lui tendent les mains
se fassent beugles
voudra t-elle oublier sa chair timide
ailer son apparat moulé
un cri d’alarme sans taire tiré
par une danse limpide
que la terre du père qui aimait la toiser
son image de femme
sage débris de lave et de flammes
elle veut s’assurer que son âme de manque de saigner
sœur de laine, le cœur en main
le lait se vautre sur les tombes
sœurs de laine, chœur d’essaim
nos voix vident les bombes
elles se tiennent face à vous
la lumière sourde l’œil doux
danseront-elles cette valse ?
quand cette nuit les étoiles chuintent
leurs plaies qui ne sont celles des saintes
elle veulent que les aveugles
se tiennent sur le chemin
tendent les mains
et portent les linceuls
voudront-elles oublier leur chair en bribes
se dérober de leurs vulves écartées
un cri d’amour long et baillé
par une danse stupide
et les doigts de pisse qui aiment caresser
sa peau de dame
sage débris d’os et de crânes
les langues teintes sous la terre tannée
sœur de laine, le cœur en main
le lait se vautre sur les tombes
sœurs de laine, chœur d’essaim
nos voix vident les bombes
j’attache à l’ourlet de ma jupe
assez de balles
assez de lames
assez, si je suis dupe
Anna Gaïotti. 09.2019
crédits photo : Marikel Lahana






