ANNUS

DISCIPLINE ORNEMENTALE





CRÉATION 2013
chorégrahie d'après Discipline Ornementale de Anna Gaïotti, avec la collaboration de Côme Fradet
performance, texte: Anna Gaïotti
lumières : Augustin Sauldubois
production : CNDC d'Angers

création au Palais de Tokyo, 2013





(scroll down for english)


Je suis un clown sur claquettes. Je rentre dans mon pas, je m’emporte dans mon rythme. Je ritualise l’espace, un cercle autoritaire. Un cul que je fends par la raie pour présenter des fragments de gestes, de désirs, de symboliques. Je porte les matériaux un à un : des figures de Discipline Ornementale, un salut, un déboulé, une bouche ouverte, un pénis branlé, une nature morte et vivante, des écrits érotiques… Mon corps est le support pour reformuler le grotesque d’une vision despotique, faites d’idéologies devenues des architectures que l’on contourne. Le fascisme et le sexe sont dilués dans des poétiques gestuelles et linguistiques qui étouffent leur violence. Je disperse la violence, je l’éloigne du signe, je l’approprie au corps, je jongle avec.




je suis Annus,

c’est mon nom.

je suis un clown archive.

je suis arrogante.

je suis le container d’un désir,

il peut être une surface
il peut être une tristesse contemporaine il peut être une crise
il peut être un corps scénographique
il peut être une discipline ornementale il peut être un totem
il peut être un tunnel stroboscopique
il peut être un sexe abstrait
il peut être l’ennemi.

il est le sol de la scène baisé par les pieds des danseurs




NATURE VIVANTE 1

le prince bronze
le prince devient bronze

bientôt teint de foutre
je ne vous meringue pas
plus mais je ris gondole
a grippe sale
tous jours bronze et pisse
mare bèche baigne
joues luisent bien te tendues
dresse l’auto souffle
aisance spermémé
gise claque au vent
trapu plein de magne
un peu au bord de lait
vraiment pousse un sous
pire brandit le de sa bretelle
ouvre les orteils
carquillent et le jus blanc
qui se jette entre
spasmèle aux genoux
le pois saute et crisse
fragile tord timide hu
mince yeux mon vieil


NATURE VIVANTE 2

bi
bibi ten verre
perdue dans la foule
blanche embrouille moite
baignoire de chair de
mini monolithes timbrés
stampés à lécher le bavoir du roi
bronze se reflète dans les tours acides
entre acide et tétée

la couronne est perdue
dans la flaque volatile
dans la foule blanche
totem en tête racole le bleu totem
brouillée des yeux qui pivotent
bite en verre glacée
complait le ciel narcissique


NATURE VIVANTE 3

bronze dans son propre soleil
je te prends entre deux cuisses
le jus colle à la peau
s’éponge dans la chair
entre acide entre assises anthracite

coin de bouche
bac d’ordres durs
taxe de bite et de fion
le col s’envoie en l’air
je vais payer
je vais pétayer
la crise de moi par terre
branchement des reins
embûche en main
l’or ne flotte pas



NATURE VIVANTE 4

pi sse
panse mais ment
abstraction sexuelle
pire rate bourre
et couillon
barbu en char en chair
dans la fosse
chépi blanc fait la blague
à paraître en retard
je suis blanc de blanc
ignoble col en v
vadrouille et vire vers la mer creuse
j’avais un train à mener
à souffler jusqu’en haut des tours
trajet vertiqué
trajet fatigué qui ne veut que gravir
et même permis jusqu’en dessus
des caries noires
l’extase scie les cornes
les filandres battantes encore la couronne nette de vie
je suis irritée dans l’air vivant
je suis irritée dans l’air vivant

Anna Gaïotti, 2012



*



I'm a tap clown. I go into my step, I abandon myself into an heavy run, I play with the risk to slip and fail. I ritualize the space : an autoritary circle, a ring or an ass I that I gut to show gestures fragments and crude fantasy. I bring into the stage front Ornemental Discipline’s figures (scores made from fascist symbolic), an open mouth waiting, ass-cries, a masturbated penis, a still life and dead, erotic texts… The performance is a living collage. My body becomes the medium to reformulate grotesque of a despotic vision, built with ideologic architectures that we use to walk around. Fascism and sex are diluted in poetic and linguistic gestures-games which cover up the violence. I spray violence, I take it away from the sign, I put on and in the body, I juggle with.




I’m Annus

it’s my name

I’m a clown archive

I’m arrogant

I’m the container of one desir

it could be a surface
it could be a contemporary sadness
it could be a crisis
it could be a scenographic body
it could be an ornamental discipline
it could be a totem
it could be a stroboscobic tunnel
it could an abstract sex
it could be the ennemi

it’s the floor of the stage fucked by dancers feet



LIVE ALIVE 1

the prince is taning
the prince is becoming bronze

soon dyed by come
i’m not meringuing you
more but i’m laughing gondola
dirty grip
every day tans and pisses
pond digs bathes
cheeks shine properly tight
trains his auto breath
ease spermamy
lies slaps to the wind
stocky full of magme
a little on the verge of milk
really lets out a penny
sigh worse brandishes it out from his brace
opens toes
wide and the white juice
that throws between
spasmix on knees
the pea jumps and squeaks
fragile twist shy hu
thin eyes my old


LIVE ALIVE 2

di
didickin glass
lost in the crowd
white mess moist
bath of flesh of
mini stamped monoliths
timbre lapping at the king’s bib
tans reflects in the acid towers
between acid and suckling

the crown is lost
in the hovering puddle
in the white crowd
totem heading entices the blue
scrambled eyes which revolve
dick in frozen glass
pleases the narcissistic sky

LIVE ALIVE 3

tans in his own sun
I take you between two thighs
the juice sticks to the skin
sops into the flesh
in acid in a seat anthracite


mouth corner
hard orders box
taxe of dick and ass
the pass gets laid
I’m going to pay
I’m going to fartpay

the crisis of me on the ground
hips connection
trap in hand
gold does not float


LIVE ALIVE 4

pi ss
bandages but lies
sexual abstraction
worse misses crams
and dumbshit
bearded in tank in flesh
in the trench
white chépi makes the joke
to be published late
I’m white white
ignoble v neck
ramble and veer to the hollow sea

I had to run the ship
to blow upward to the tower tops
verticled course
tired course which only wants to climb
and even allowed over the top

black cavities
the ecstasy saws the horns
the filaments still beating the crown net of life
I’m irritated in the living air
I’m irritated in the living air


Anna Gaïotti, 2012

PARTITION (extrait)





© Jacques Gaïotti, Simon Jourdan